Charlie Immer

[Texte originalement publié sur Sinistre Magazine]

Fascinant d’observer combien l’interprétation du macabre peut diverger d’un artiste à l’autre. Si pour plusieurs d’entre eux, l’expression de sentiments et souvenirs douloureux s’exprime de manière sombre et violente, il en est tout autrement pour Charlie Immer. Pas que ses œuvres manquent de férocité, loin de là, mais l’explosion de couleurs et le contexte ludique dans lesquelles elles s’illustrent les rendent quasi alléchantes! En cette fin d’hiver grise et monotone, quoi de plus rafraîchissant qu’un saut dans ce monde de friandises abominables?

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Les lecteurs du Trauma Oculaire auront sans doute vu passer le nom de Immer lors de la dernière chronique spéciale du temps des fêtes. C’est d’ailleurs lors de cette recherche que je suis tombé amoureux fou de son style particulier. Né en 1983 dans la petite ville de Hagerstown dans l’état du Maryland, l’artiste a développé ses thèmes de prédilections lors de son enfance. En effet, le jeune homme apprend déjà à dessiner des squelettes, sa marque de commerce, vers l’âge de 5 ans. Le sujet devient pour lui une passion et bientôt, il ajoute à ses dessins des bonbons, des jouets et même des entrailles. Sa technique se précise évidemment au fil du temps, surtout pendant l’obtention de son baccalauréat en Beaux-Arts à la Rhode Island School of Design.

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Immer compte faire carrière en illustration à sa sortie de l’école. Néanmoins, le jeune homme se rend rapidement compte que pour réussir dans le domaine, il devrait laisser tomber le gore et le sang de ses créations… un compromis qu’il n’est pas prêt à réaliser! La seule option pour lui réside donc dans la commercialisation de son art. C’est en décembre 2008 que l’illustrateur se fait d’abord connaître lors de sa première exposition à San Francisco à la Gallery 1988. Le show est un succès et les offres affluent d’un peu partout.

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Pour concevoir ses peintures surréalistes, l’artiste puise tant ses influences de dessins animés humoristiques et violents que de bouquins d’anatomie. Immer admet avoir encore aujourd’hui un faible particulier (voir une dépendance) pour les sucreries et les jouets. Il construit d’ailleurs ses personnages comme d’immenses jujubes éventrés ou à l’agonie. Les couleurs franches et joyeuses contrastent drôlement avec la scène sanglante en cours. On retrouve Famke Heimstra, Dave Cooper, Travis Lampe et Chriz Buzelli parmi ses artistes de prédilection. Il cite aussi le gore des années 80, les séries Return of the Living Dead et Puppet Master, ainsi que les trames sonores de Charles Callet pour la série de jeux vidéos Gobliiins comme d’importantes sources d’inspiration.

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Pour ses œuvres, l’homme privilégie l’huile. Selon lui, le médium lui permet d’obtenir un degré de luminosité et de vibrance de couleurs optimal nécessaire pour ses compositions qui ne passent pas inaperçues. Une illustration peut lui prendre jusqu’à quatre semaines de travail. L’artiste débute par un dessin détaillé au graphite sur canevas, qu’il recouvre de fixatif et d’une couche de médium à peindre. Il peint ensuite une couche de couleur semi-transparente qu’il élabore tranquillement en ajoutant des couleurs plus saturées dans le but de créer des effets d’ombres et de lumières intenses.

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Outre ses illustrations, Charlie Immer compte créer au cours des prochaines années une série de figurines issue de ses personnages de sucre et de sang. Peu étonnant, compte tenu de sa fascination pour ces petits objets de collection! Ses étranges créatures se prêteront à merveille à l’exercice. Vous pourrez découvrir son travail via son site web officiel ou suivre son évolution au travers de son blogue. Certaines reproductions de ses toiles sont également disponibles sur Virtu Art Gallery.

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2 réflexions sur “Charlie Immer

  1. J’avais pris connaissance des oeuvres de Charlie via la revue Hi-Fructose et j’ai tellement eu un coup de foudre, je trippe ben raide sur son style!! Cool ton topo : )

  2. Ah merci Marc! Quelle découverte!
    Franchement, l’hyperglycémie anémique (pour reprendre ton fil d’idées:) de ses œuvres avec ses couleurs pastelles et ses thématiques crues cruelles, ça vient me chercher dans ma propre dualité. C’est souvent le rapprochement de deux choses aussi différentes qui donne un tout original et surprenent.
    Une merveilleuse trouvaille ce Charlie Immer!

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